FAUSSE ALARME

FAUSSE ALARME

Dans sa chronique du 26 juin 2021, parue dans le Journal de Montréal, Michel Girard écrit : « Les prestations annuelles versées aux prestataires des régimes des employés des secteurs public et parapublic québécois sont presque quatre fois supérieures aux cotisations salariales perçues auprès des employés de l’État. »

M. Girard poursuit en disant que les employés de l’État québécois bénéficient de la « Mercedes » des régimes de retraite.

Puis parlant du cas hypothétique du déficit du régime devant être assumé à 50 % par le gouvernement du Québec, M. Girard s’exprime ainsi : « Quand je dis le gouvernement du Québec, je fais référence à nous, les contribuables, qui renflouons les coffres de l’État avec nos impôts et taxes de tout acabit. »

Enfin, M. Girard appuie ses dires sur des données quantitatives sur les régimes, les rendements de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et le Fonds d’amortissement des régimes de retraite (FARR).

De ces propos se dégage une odeur culpabilisante injustifiée. Les retraités seraient choyés aux dépends des contribuables québécois.

Qu’en est-il ? Précisions en plusieurs points :

1-     Les retraités sont des ex-employés dont le salaire global comprenait salaire et régime de retraite. C’était une de leurs conditions de travail. Leur salaire était moindre que celui du secteur privé mais l’avantage d’avoir un fonds de retraite en vue d’une rente décente compensait. Ces ex-employés retirent maintenant leur salaire différé. 

2-     Les cotisations salariales sont versées pour financer la portion à la charge des participants des prestations acquises annuellement et des frais d’administration. Le taux est fixé par des actuaires pour les fins du régime de retraite. Leur compétence permet sans aucun doute de déterminer le taux adéquat.

3-     La « Mercedes » des régimes de retraite devient la « Lada » lorsque le temps défile. À 65 ans, on lui soustrait le montant du Régime de rentes du Québec (RRQ). De plus, la rente perd de sa valeur annuellement parce que son indexation est soumise à la règle de l’IPC – 3 %. Les retraités ne bénéficient pas non plus des intérêts de leur investissement, ils perdent de leur pouvoir d’achat de façon systématique et continue.

4-     Le RREGOP a été instauré en 1973. Durant ces 48 ans d’existence, à quand remonte le moment où le régime est devenu déficitaire ? AUCUN ! Au contraire, il affiche plutôt un surplus imposant. Et si le passé est garant de l’avenir, le régime de retraite restera en bonne santé financière.

5-     « Le gouvernement du Québec, c’est nous les contribuables, qui renflouons les coffres de l’État avec nos impôts et taxes de tout acabit » dit M. Girard. Il importe de lui rappeler que les retraités sont aussi des contribuables qui payent des impôts et des taxes.

6-     Si « Québec est dans le trou », c’est parce qu’il n’a pas versé sa part dans le Fonds, se contentant d’engranger les cotisations et de verser les prestations. Pas de plus-value alors. Un rattrapage s’impose.

7-     Les actifs de 92,5 milliards de dollars des régimes de retraite n’appartiennent pas aux participants, contrairement à ce qu’avance M. Girard. À leur mort, leur investissement reste au fonds, non à leurs héritiers. C’est ça un régime collectif.

8-     Le Fonds d’amortissement au régime de retraite (FARR) est une excellente mesure et si le gouvernement le poursuivait quelques années de plus lorsque son objectif sera atteint, il aurait tout l’argent nécessaire pour payer l’indexation des rentes des retraités. Suivre le coût de la vie n’est pas un privilège, juste le gros bon sens.

 En conclusion, Monsieur Girard a-t-il erré ? oublié ? dévié ? Il a sonné une alarme injustifiée. Avec la compétence que je lui connais, il aurait été en mesure de donner une autre face des régimes de retraite.

Aline Couillard

Retraitée du secteur de l’éducation

Prestataire du RREGOP

Derniers commentaires

12.10 | 20:13

Une analogie inspirée et inspirante qui traduit la réalité. Une transmission à trois vitesses est acceptable, à la condition d'engager la 3e vitesse et non de s'acharner à rester en 1ère vitesse...

03.10 | 11:56

J'aimerais voir ce texte publier dans les journaux:Presse Journal de Montréal ET DEVOIR Avons-nous voter pour l'ILLLUSION

03.10 | 04:28

Faisons appel au sens de justice du gouvernement qui sera élu demain.

02.10 | 23:27

Hélas il n'y a plus beaucoup d'espoir d'avoir la moindre indexation

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